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Le Troisième Mandat de Louise Mushikiwabo à l'OIF : Entre Précédent et Principe Démocratique.

Le Troisième Mandat de Louise Mushikiwabo à l'OIF : Entre Précédent et Principe Démocratique. L'Alternance à l'OIF : Pourquoi un Troisième Mandat Fragilise la Crédibilité de la Francophonie. Introduction Louise Mushikiwabo veut un troisième mandat à la tête de l'Organisation internationale de la Francophonie. Son annonce, faite bien avant l'émergence d'autres candidats, rappelle une tactique familière en Afrique : affirmer qu'on a le soutien populaire sans jamais le prouver publiquement. La méthode est rodée. Des dirigeants africains l'utilisent depuis des décennies pour prolonger leur règne. Ils clament que "le peuple le demande" ou que "les partenaires soutiennent" cette reconduction. Aucune preuve formelle n'est nécessaire. L'affirmation devient réalité politique. Mais voilà le problème : la Francophonie prêche la démocratie, l'État de droit et l'alternance au pouvoir. Peut-elle tolérer en son sein ce qu'elle condamne chez ses membres ? La question est désormais posée, et la réponse déterminera la crédibilité future de l'organisation. Une Annonce qui Pose Question Un Soutien Invisible "Les pays de la Francophonie ont montré leur soutien", affirme Mushikiwabo. Le hic ? Aucun État membre n'a publiquement confirmé cette déclaration. Pas un seul communiqué officiel. Pas une seule déclaration formelle. Le soutien existe, nous dit-on, mais personne ne le voit. Cette stratégie crée un problème de transparence évident. Les États membres découvrent le prétendu consensus en même temps que le public. Ceux qui hésitaient se sentent obligés de suivre une majorité qui n'existe peut-être pas. Dans une compétition normale, on présente d'abord sa vision, puis on recueille des soutiens. Ici, les soutiens sont annoncés avant même l'ouverture de la compétition. Les États qui envisageaient d'autres candidats se retrouvent devant un fait accompli. Un Schéma Connu Ce scénario n'a rien de nouveau. Il reproduit une rhétorique bien rodée dans plusieurs capitales africaines. Un dirigeant annonce vouloir prolonger son mandat. Il affirme que "le peuple le demande" ou que "les circonstances l'exigent". Aucune consultation transparente ne valide cette affirmation. Les voix dissidentes sont marginalisées. L'aspiration personnelle devient "devoir collectif". Au Rwanda, pays d'origine de Mushikiwabo, Paul Kagame a perfectionné cette méthode. Révisions constitutionnelles, élections sans opposants réels, résultats écrasants, justifications comme étant le seul capable de gouverner le pays: le président rwandais se maintient au pouvoir depuis plus de trois décennies. Voir ce même schéma reproduit à l'échelle de la Francophonie interroge. L'organisation internationale devient-elle le reflet des pratiques qu'elle est censée combattre ? L'Alternance : Plus qu'une Convention Pourquoi l'Alternance Compte L'alternance n'est pas un luxe démocratique. C'est l'ossature des organisations internationales saines. Avec 88 États membres sur cinq continents, l'OIF ne peut pas se permettre de concentrer le pouvoir. Chaque région doit pouvoir espérer accéder aux responsabilités. Trop longtemps au même poste, et l'organisation devient indissociable de son dirigeant. La vision collective s'efface derrière l'individu. Le monde change vite. Des cycles limités permettent d'intégrer de nouvelles perspectives et de répondre aux évolutions géopolitiques. Dans un monde qui scrute la gouvernance internationale, l'alternance prouve que le mérite compte plus que l'ancrage institutionnel. Le renouvellement régulier maintient l'organisation alerte et réactive. Le Danger du Précédent Autoriser systématiquement des troisièmes mandats ouvre une brèche dangereuse. La reconduction devient la norme, l'alternance l'exception. Le cycle de rotation s'allonge considérablement. Certains pays pourraient attendre des décennies avant d'accéder aux responsabilités. Les États membres se sentent spectateurs plutôt que parties prenantes. La motivation à contribuer activement s'érode. Des blocs d'influence permanents se forment au détriment de la fluidité diplomatique. C'est exactement ce que l'OIF devrait éviter. Une Organisation qui Prêche mais Ne Pratique Pas ? La Déclaration de Bamako Oubliée En 2000, l'OIF adoptait la Déclaration de Bamako. Un texte fondateur qui engage les États membres à respecter l'alternance pacifique au pouvoir, la limitation des mandats, la transparence des processus électoraux, le rejet des modifications constitutionnelles pour prolonger les règnes, des institutions démocratiques solides et indépendantes, ainsi que les droits humains et libertés fondamentales. Belle déclaration. Mais comment l'OIF peut-elle exiger de ses membres ce qu'elle ne pratique pas elle-même ? L'hypocrisie institutionnelle guette. Les États membres critiqués pour leurs troisièmes mandats ne manqueront pas de souligner cette incohérence. "Vous faites ce que vous nous interdisez", diront-ils. Et ils n'auront pas tort. L'Ombre du Rwanda Louise Mushikiwabo a été ministre des Affaires étrangères du Rwanda pendant des années. Impossible de la dissocier du contexte politique rwandais. Le Rwanda présente deux visages. D'un côté, le succès économique pour un cercle restreint d’élites rwandais et stabilité politique marquée par l’autoritarisme. De l'autre, les libertés bafouées : restrictions sévères aux libertés politiques, opposition muselée, révisions constitutionnelles permettant à Kagame de rester au pouvoir indéfiniment, contrôle strict des médias, préoccupations récurrentes sur les droits humains. Pour beaucoup d'observateurs, une candidature au troisième mandat reproduit à l'échelle internationale les mécanismes de perpétuation du pouvoir observés à Kigali. Le parallèle est difficile à ignorer. Un Timing Révélateur Annoncer Trop Tôt, Annoncer Trop Fort Dans les organisations multilatérales, une règle tacite prévaut : laisser d'abord s'ouvrir l'espace de compétition. Cela évite l'impression d'avantage institutionnel lié au poste occupé. Mushikiwabo a choisi la voie inverse. Son annonce précoce lui offre des asymétries considérables. Elle mobilise des soutiens en utilisant les ressources de sa fonction actuelle. Elle est présente dans tous les forums comme représentante de l'organisation. Les réussites récentes de l'OIF lui sont automatiquement créditées. Elle influence le calendrier et les priorités des discussions. Les canaux officiels de l'organisation véhiculent son message. Deux interprétations possibles : confiance en sa légitimité, transparence sur ses intentions, volonté d'ouvrir rapidement le débat. Ou bien : inquiétude face à une vraie compétition, tentative de verrouillage politique, stratégie défensive devant l'émergence de candidatures crédibles. L'Effet Glaçon Une annonce précoce accompagnée d'un prétendu soutien massif décourage les alternatives. La science politique documente bien ce phénomène. Les candidats potentiels renoncent face à une issue présentée comme jouée. Le premier déclaré impose le rythme et semble être le choix naturel. Les candidats ultérieurs se retrouvent en position défensive. Les États doivent prendre position plus tôt que prévu. La compétition se transforme en validation. C'est exactement ce qui se passe. Et c'est exactement ce qu'une organisation démocratique devrait éviter. La RDC Entre en Scène Un Géant Démographique Négligé La République démocratique du Congo vient de confirmer qu'elle présentera un candidat. Ce n'est pas un détail. La RDC n'est pas un acteur marginal de la Francophonie. Sur le plan démographique, le poids du Congo est écrasant. Un des plus grands bassins francophones au monde. 50 millions de francophones, soit 15% du total mondial. Kinshasa deviendra bientôt la plus grande ville francophone de la planète. La croissance démographique galopante renforcera encore ce poids. Sa position stratégique est tout aussi importante. Au cœur de l'Afrique, frontière avec neuf États, carrefour entre l'Afrique centrale, orientale et australe, le Congo exerce une influence naturelle sur les dynamiques régionales. La richesse culturelle congolaise a profondément marqué l'espace francophone. Tradition intellectuelle ayant produit écrivains et penseurs de renommée internationale. Musique congolaise influente dans toute l'Afrique. Appropriation créative du français. Contribution majeure à la littérature francophone. Et pourtant, aucun Congolais n'a jamais dirigé l'OIF. Le pays représente une part massive du monde francophone, mais la marginalisation continue devient indéfendable. Plus qu'une Rivalité Bilatérale Les tensions entre la RDC et le Rwanda sont réelles. Situation sécuritaire explosive dans l'Est congolais. Accusations récurrentes d'ingérence rwandaise. Litiges historiques des conflits des années 1990-2000. Compétition pour l'influence régionale. Rivalités autour des ressources minérales. Une confrontation à l'OIF prendrait inévitablement une dimension symbolique forte. Mais réduire cette élection à un duel Kinshasa-Kigali serait simpliste. L'enjeu dépasse largement les deux pays. Il concerne l'avenir de la gouvernance francophone, la représentation démographique du monde francophone, la crédibilité de l'organisation, l'équilibre des pouvoirs en Afrique francophone. De la Nomination à la Compétition En 2018, l'élection de Mushikiwabo ressemblait à une nomination diplomatique négociée en coulisses. Peu de suspense, peu d'alternatives réelles. Aujourd'hui, tout change. Avec la candidature congolaise, le processus devient véritablement électoral. Passage d'une logique de nomination à une vraie compétition. Plusieurs visions stratégiques peuvent s'exprimer. Le choix final reposera sur un vote réel, pas un consensus imposé. L'organisation démontre sa maturité démocratique. C'est sain. C'est exactement ce dont l'OIF a besoin. Pourquoi le Candidat Congolais Mérite sa Chance Aucune Urgence ne Justifie un Troisième Mandat Regardons les faits objectivement. Les arguments habituels pour prolonger un mandat de manière exceptionnelle ne tiennent pas. Crise majeure ? Non. L'OIF fonctionne normalement. Pas de menace existentielle. Les relations entre États membres restent stables. Réformes structurelles inachevées ? Non. Les programmes suivent des cadres pluriannuels classiques. Aucune transformation institutionnelle majeure en cours de finalisation. Menace de dissolution ? Non. L'OIF ne fait face à aucune crise institutionnelle grave. Les défis actuels sont normaux pour toute organisation multilatérale. Contexte international exceptionnel ? Non. Le monde change, certes, mais ces transformations appellent justement des perspectives nouvelles, pas la perpétuation. L'argument de la continuité ne résiste pas non plus à l'examen. Les organisations internationales sont précisément conçues pour assurer la continuité indépendamment du dirigeant. Cadres stratégiques pluriannuels adoptés collectivement. Équipes permanentes possédant la mémoire institutionnelle. Partenariats qui transcendent les changements de direction. Programmes structurels bâtis pour survivre aux transitions. Procédures standardisées garantissant la stabilité. Le Candidat Congolais Peut Assurer Continuité et Renouveau Si Mushikiwabo a effectivement des projets non achevés, aucun problème. Le candidat de la RDC peut parfaitement les poursuivre tout en apportant un sang nouveau. Le candidat de la RDC peut s'appuyer sur une longue tradition diplomatique congolaise dans les institutions multilatérales. Les diplomates congolais ont occupé des positions de responsabilité dans diverses organisations africaines et internationales. Ils ont démontré leur maîtrise des mécanismes de gouvernance collective. Le candidat de la RDC peut s'appuyer sur une expérience substantielle dans la gestion de dossiers complexes nécessitant des équilibres délicats. Les organisations internationales sont précisément conçues pour transcendre les changements de direction. Le candidat de la RDC peut hériter des cadres institutionnels existants et les faire fructifier. Les engagements déjà pris et les partenariats établis demeurent valides. La continuité institutionnelle est garantie par la structure même de l'organisation. Le candidat de la RDC peut apporter précisément ce dont la Francophonie a besoin. Sang nouveau et perspective renouvelée sur les enjeux contemporains. Connexion authentique avec l'avenir démographique du monde francophone. Capacité à mobiliser de nouvelles énergies et de nouveaux réseaux. Il peut incarner le futur du français avec la jeunesse et la vitalité culturelle congolaises. Il peut représenter le dynamisme démographique qui constitue exactement les forces que la Francophonie doit mobiliser. Le candidat de la RDC peut apporter une légitimité renforcée pour parler au nom d'une Francophonie véritablement universelle. Justice Historique et Équité L'accession du candidat de la RDC à la direction de l'OIF constituerait également un acte de justice historique longtemps attendu. Depuis la création de l'organisation, aucun ressortissant congolais n'a jamais occupé le poste de secrétaire général. Cette exclusion prolongée, qu'elle soit intentionnelle ou circonstancielle, crée une anomalie flagrante. Aucune raison objective ne justifie cette absence de représentation. La correction de cette injustice devient urgente après plusieurs décennies. La RDC abrite la plus grande concentration de francophones en Afrique subsaharienne. Son poids démographique dépasse celui de nombreux pays qui ont déjà fourni des dirigeants à l'OIF. D'un point de vue purement équitable, le moment est venu de corriger ce déséquilibre structurel. Différer encore cette reconnaissance reviendrait à perpétuer une forme d'injustice institutionnelle. L'élection du candidat de la RDC enverrait un signal puissant aux jeunes francophones d'Afrique. Démonstration que les plus hautes responsabilités internationales sont accessibles sur la base du mérite. Message essentiel pour maintenir l'attractivité de la Francophonie auprès des nouvelles générations. Incarnation concrète des principes d'égalité et d'équité que l'organisation promeut. La représentation doit correspondre aux réalités démographiques du monde francophone. Ignorer le poids de la RDC fragilise la légitimité de l'organisation. La justice géographique n'est pas un luxe mais une nécessité institutionnelle. Le Sang Nouveau Comme Impératif Stratégique "Sang nouveau" n'est pas une simple métaphore. C'est une nécessité stratégique concrète pour la Francophonie face aux défis contemporains. La Francophonie fait face à une compétition linguistique mondiale face à l'anglais, au mandarin et à l'espagnol. La transformation numérique bouleverse les formes de communication. Les modes de coopération internationale évoluent rapidement. Les aspirations des jeunes générations francophones changent. Les stratégies de promotion du français doivent s'adapter. Le candidat de la RDC peut apporter une compréhension intime des réalités africaines. Connaissance directe des défis et opportunités du continent. Perspective authentique sur les besoins des populations francophones majoritaires. Crédibilité accrue pour parler au nom de l'Afrique francophone. Il peut identifier les besoins réels plutôt que supposés. Alignement potentiellement meilleur avec les attentes des populations. Approche potentiellement moins centrée sur les intérêts étatiques. La connexion naturelle avec l'avenir démographique du français est un atout majeur. Représentation authentique de la majorité francophone mondiale. Crédibilité pour mobiliser les jeunes générations africaines. Le candidat de la RDC peut penser au-delà des cadres établis. Ouverture à de nouvelles approches stratégiques. Mobilisation de réseaux et d'énergies jusqu'ici sous-utilisés. Contrairement à une vision conservatrice, le renouvellement régulier est précisément ce qui garantit la stabilité à long terme. Les organisations qui se renouvellent maintiennent leur vitalité et leur pertinence. La résistance au changement conduit à la sclérose et à la perte progressive d'influence. L'alternance prévient l'accumulation de tensions liées à la frustration des exclus. Le sang nouveau apporte l'adaptabilité nécessaire dans un monde en transformation rapide. Expérience versus Renouveau : Une Fausse Opposition Certains pourraient objecter qu'un changement compromettrait l'expérience accumulée. Cet argument ne tient pas. L'expérience pertinente n'est pas détenue exclusivement par le secrétaire général. Elle réside dans l'institution elle-même : équipes permanentes, processus établis, mémoire institutionnelle. Les cadres techniques et administratifs assurent la continuité du savoir-faire. Les partenaires externes maintiennent leurs relations avec l'institution, pas uniquement avec son dirigeant. Le candidat de la RDC peut s'appuyer sur un vivier considérable de diplomates qualifiés. Le pays a produit des intellectuels et des experts de calibre international. L'histoire diplomatique congolaise est riche de personnalités ayant marqué les institutions internationales. Suggérer qu'aucun candidat congolais ne pourrait égaler l'expérience accumulée relève du préjugé. Le leadership requiert également la vision, l'innovation et la capacité d'adaptation. L'expérience excessive peut devenir un obstacle au changement nécessaire. Les perspectives nouvelles apportent souvent des solutions aux problèmes insolubles selon les approches établies. La légitimité représentative compte autant que l'expertise technique. La vraie question n'est pas de choisir entre expérience et renouveau. Les deux sont essentiels et complémentaires dans une organisation saine. Après deux mandats de consolidation, le moment naturel du renouvellement est arrivé. L'alternance entre périodes de consolidation et d'innovation est un cycle institutionnel sain. Le Précédent Diouf ne Change Rien Un Précédent n'est Pas une Loi Mushikiwabo invoque Abdou Diouf, qui a dirigé l'OIF pendant trois mandats (2003-2014). L'argument est historiquement exact mais institutionnellement faible. Un précédent ne crée pas automatiquement une règle permanente. Il peut refléter une conjoncture diplomatique spécifique, un compromis temporaire face à des circonstances particulières, un contexte géopolitique qui a depuis évolué, un stade de développement institutionnel différent, ou l'absence de candidatures alternatives à l'époque. Reproduire mécaniquement le passé sans tenir compte du contexte actuel affaiblit l'institution. Les organisations doivent évoluer. Les Temps Ont Radicalement Changé Le monde de 2003-2014 n'est pas celui de 2025. La compétition stratégique mondiale s'est intensifiée. Les enjeux linguistiques et culturels sont devenus plus visibles. La mondialisation a pris un cours imprévisible. Les organisations multilatérales sont remises en question. L'alternance et la limitation des mandats sont désormais des standards internationaux. Le débat sur les troisièmes mandats en Afrique est devenu brûlant. Les organisations fonctionnent selon des règles plus formalisées. La pression sur la rotation des dirigeants s'est renforcée. La société civile dispose de moyens de contrôle sans précédent. Les médias numériques et réseaux sociaux scrutent tout. La transparence institutionnelle est exigée. L'accès à l'information est généralisé. Les jeunes générations africaines aspirent à plus de transparence. L'exigence de renouvellement s'est renforcée. La patience face aux situations de perpétuation a disparu. La conscience démocratique s'est approfondie. Ce qui était acceptable il y a vingt ans ne l'est plus aujourd'hui. Point final. Le Risque de Normalisation Accepter qu'un troisième mandat devienne la norme dès qu'un titulaire le souhaite crée un effet domino dangereux. La reconduction devient la règle, l'alternance l'exception. La limitation à deux mandats devient théorique. Les mandats se prolongent indéfiniment. L'organisation perd sa capacité de renouvellement. Les États exclus perdent le sentiment d'appartenance. La motivation à contribuer s'effondre. Les critiques sur la gouvernance s'accumulent. La crédibilité s'effrite. Formation de blocs d'influence permanents. Concentration durable du pouvoir. Réduction de la diversité stratégique. Affaiblissement de la capacité d'adaptation. L'Alternance : Une Force, Pas une Faiblesse Continuité ne Signifie Pas Permanence Distinguons clairement deux concepts souvent confondus. La continuité institutionnelle s'appuie sur des cadres stratégiques adoptés collectivement, des équipes permanentes qui restent en place, des programmes structurels qui survivent aux transitions, des partenariats établis avec d'autres organisations, des procédures standardisées, une mémoire institutionnelle documentée, et des engagements formels indépendants du dirigeant. La permanence personnelle génère des risques différents. Personnalisation excessive autour d'un individu. Réduction de la diversité des perspectives. Affaiblissement du sentiment d'appartenance collective. Concentration durable des réseaux d'influence. Difficulté accrue de transition future. Sclérose institutionnelle. Perte d'adaptabilité face aux changements. La continuité est une qualité institutionnelle souhaitable. La permanence est une caractéristique personnelle problématique. L'Alternance Comme Moteur de Vitalité Contrairement à la vision conservatrice, l'alternance est source de vitalité. Chaque nouveau dirigeant apporte une lecture différente des enjeux. Les priorités s'ajustent aux évolutions géopolitiques. De nouvelles approches peuvent être expérimentées. Le projet collectif s'enrichit. Nouveaux réseaux diplomatiques activés. Nouveaux partenariats intellectuels et économiques. Acteurs périphériques intégrés. Dynamisme accru lié au renouvellement. Dans un monde en transformation, l'agilité est essentielle. L'alternance facilite cette adaptabilité. Les organisations figées perdent leur pertinence. Le renouvellement maintient l'organisation en phase avec son environnement. Quand plusieurs États peuvent espérer accéder aux responsabilités, l'appartenance se renforce. Chaque région se projette dans l'avenir. La motivation à contribuer augmente. La diversité devient une force vécue. Même les meilleurs dirigeants atteignent un point de rendements décroissants. Le renouvellement prévient la routine. Les nouvelles équipes apportent une énergie fraîche. L'organisation évite la stagnation. La Compétition Révèle la Maturité Une compétition réelle n'est pas une crise. C'est un signe de maturité institutionnelle. Les candidats présentent des visions claires. Le débat stratégique s'approfondit. Les États membres évaluent différentes options. La réflexion collective progresse. Le gagnant d'une vraie compétition bénéficie d'une légitimité forte. Sa victoire repose sur un choix réel. Il dispose d'un mandat clair. La contestation devient moins probable. La Francophonie démontre la cohérence entre principes et pratiques. Un exemple est donné aux États membres. La crédibilité normative se renforce. La compétition génère énergie et attention. Les enjeux stratégiques sont mis en lumière. Le débat public s'anime. L'organisation apparaît vivante. Une organisation mature peut gérer une compétition sans se fracturer. La capacité à organiser une élection ouverte démontre la robustesse. Les mécanismes de régulation sont testés. La confiance dans les processus démocratiques se renforce. Enjeux Stratégiques pour l'Avenir La Bataille Mondiale des Langues La Francophonie opère dans un environnement ultra-compétitif. L'anglais domine économie, sciences et technologies. Le mandarin s'impose en Asie et en Afrique. L'espagnol bénéficie d'un dynamisme démographique puissant. L'arabe conserve une influence majeure. Le français doit justifier sa pertinence internationale. Recul dans les organisations internationales. Difficulté à s'imposer comme langue de l'innovation. Perception parfois négative liée au passé colonial. Concurrence dans les systèmes éducatifs africains. Nécessité de prouver son utilité pratique. Mais aussi des opportunités : croissance démographique massive en Afrique francophone, richesse culturelle des espaces francophones, réseau institutionnel existant, potentiel économique des marchés francophones, vitalité de la production culturelle. Dans ce contexte, la crédibilité institutionnelle de l'OIF devient un atout stratégique majeur. Une organisation perçue comme figée ou déconnectée perdra progressivement son influence. Le Basculement Démographique Africain Le centre de gravité du français se déplace vers l'Afrique subsaharienne. D'ici 2050, plus de 85% des francophones vivront en Afrique. L'Afrique subsaharienne compte déjà la majorité des locuteurs. La croissance démographique africaine est la plus rapide au monde. Les populations francophones africaines sont majoritairement jeunes. Avec une population jeune en croissance rapide, le Congo incarne le futur du monde francophone. Kinshasa est en passe de devenir la plus grande ville francophone du monde. Le dynamisme culturel congolais influence l'ensemble de l'espace francophone africain. Le pays représente un modèle d'appropriation créative du français. Une direction concentrée affaiblit la perception d'universalité. Les grands bassins démographiques doivent être représentés. L'Afrique subsaharienne doit voir son poids reconnu. Marginaliser la RDC devient indéfendable. Les populations doivent se reconnaître dans les dirigeants. Un leadership déconnecté perd sa crédibilité. La jeunesse africaine a besoin de modèles. La représentation authentique renforce l'adhésion. Les programmes doivent refléter les besoins des populations majoritaires. Accent sur l'éducation, l'emploi des jeunes, le développement. Promotion du français adaptée aux réalités africaines. Allocation des ressources selon les priorités démographiques. Cohérence Normative en Jeu L'OIF prend régulièrement position sur la gouvernance démocratique chez ses membres. Condamnation des transitions irrégulières. Opposition aux modifications constitutionnelles pour prolonger les mandats. Promotion du respect des processus électoraux. Défense des libertés et droits humains. Soutien à l'alternance démocratique. Si l'OIF ne pratique pas l'alternance, sa crédibilité s'effrite. Les États critiqués pourraient légitimement dénoncer le deux poids deux mesures. La capacité d'influence de l'organisation serait affaiblie. L'accusation d'hypocrisie deviendrait difficile à réfuter. L'influence de l'OIF dépend de son exemplarité. Les organisations qui ne pratiquent pas ce qu'elles prêchent perdent leur autorité morale. La cohérence entre principes et pratiques est essentielle. Le "soft power" francophone repose sur la crédibilité institutionnelle. Choisir l'alternance démontre l'engagement envers les principes. Un changement dans des conditions exemplaires envoie un signal fort. L'organisation peut devenir un modèle de gouvernance. La cohérence normative devient un atout diplomatique. Ce qu'il Faut Faire L'OIF devrait réviser ses statuts pour instaurer une limitation explicite à deux mandats. Rotation automatique des responsabilités. Équilibre géographique structurellement garanti. Personnalisation du pouvoir prévenue. Cohérence avec les principes promus. Amendement lors d'un Sommet de la Francophonie. Application progressive pour transition ordonnée. Exceptions uniquement pour crises majeures validées par vote. Mécanismes de surveillance transparents. Chaque élection devrait inclure une vraie campagne. Tous les candidats présentent leur vision. Documents programmatiques détaillés distribués. Forums pour exposer les priorités. Débats publics entre candidats. Sessions de questions-réponses. Consultation de la société civile. Publication des positions sur les enjeux clés. Les États s'expriment publiquement sans pression. Transparence maximale du processus. Aucun avantage pour le sortant. Accès équitable aux ressources de campagne. L'OIF doit substantiellement améliorer sa redevabilité. Publication détaillée des réalisations et échecs. Évaluation transparente des performances. Comptes financiers accessibles. Mécanismes formels avant les décisions majeures. Intégration de la société civile. Audits externes réguliers. Évaluation par des experts externes. Publication et suivi des recommandations. Publication des ordres du jour et comptes rendus. Justification publique des décisions majeures. Conclusion Le débat sur le troisième mandat de Louise Mushikiwabo dépasse largement une personne. Il interroge l'âme même de la Francophonie. Les faits sont clairs. Invoquer le précédent Diouf est historiquement exact mais institutionnellement insuffisant. Les temps ont changé, les normes ont évolué, les attentes se sont renforcées. Aucune raison exceptionnelle ne justifie un troisième mandat. L'alternance est une force, pas une faiblesse. Le candidat de la RDC mérite cette opportunité historique. Le candidat de la RDC peut représenter ce dont la Francophonie a besoin. Sang nouveau et perspectives renouvelées. Connexion avec l'avenir démographique du français. Capacité à assurer la continuité tout en innovant. Légitimité représentative qui consoliderait l'appartenance collective. Signal fort d'équité géographique corrigeant une injustice historique. Le choix est simple. Continuité prolongée égale affaiblissement de la cohérence normative, menace sur l'attractivité internationale, perpétuation d'un déséquilibre injustifiable, signal négatif aux jeunes générations africaines. Ouverture compétitive égale principes qui deviennent pratiques vivantes, légitimité institutionnelle renforcée, alignement avec les attentes démocratiques, investissement dans la pérennité. Le moment est venu de permettre au candidat de la RDC d'assumer son rôle légitime. Ce n'est pas seulement une question de justice envers un État membre. C'est un investissement stratégique dans la vitalité de toute la Francophonie. Les projets en cours peuvent être poursuivis, bonifiés même, par un candidat qui apportera l'énergie et la perspective nouvelle dont toute organisation a périodiquement besoin. Dans un monde qui scrute la gouvernance internationale, la Francophonie peut démontrer que le renouvellement n'est pas une rupture mais une respiration naturelle. L'alternance renforce. Le changement revitalise. Le choix fait lors de la prochaine élection enverra un signal puissant au monde entier sur la nature véritable de cette organisation et sa capacité à incarner les valeurs qu'elle proclame. Le candidat de la RDC doit recevoir cette opportunité. La Francophonie doit saisir cette occasion de renouvellement. L'avenir du français dans le monde en dépend partiellement : la capacité de son organisation principale à rester authentiquement représentative, véritablement démocratique et constamment renouvelée. ________________________________________ Références Badié, B. and Vidal, D. (2021) Un monde d'ingérences. Paris: La Découverte. Chrétien, J.-P. (2020) L'Afrique des Grands Lacs: Deux mille ans d'histoire. Paris: Flammarion. Diamond, L. (2015) 'Facing up to the democratic recession', Journal of Democracy, 26(1), pp. 141-155. Hagmann, T. and Reyntjens, F. (2016) Aid and Authoritarianism in Africa: Development without Democracy. London: Zed Books. Organisation internationale de la Francophonie (2000) Déclaration de Bamako. Bamako: OIF. Organisation internationale de la Francophonie (2022) Rapport sur l'état de la Francophonie dans le monde. Paris: OIF. Quantin, P. (2019) 'L'alternance en Afrique: entre espoirs démocratiques et réalités politiques', Afrique contemporaine, 271(3), pp. 11-28. Reyntjens, F. (2013) Political Governance in Post-Genocide Rwanda. Cambridge: Cambridge University Press. Straus, S. and Waldorf, L. (2011) Remaking Rwanda: State Building and Human Rights after Mass Violence. Madison: University of Wisconsin Press. Thiriot, C. (2020) 'Les modifications constitutionnelles en Afrique: entre démocratisation et autoritarisme', Politique africaine, 160(4), pp. 5-30. ________________________________________ Préparé par: The African Rights Campaign, London, UK

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