Skip to main content

Re: [fondationbanyarwanda] Burundi : Évariste Ndayishimiye déclaré vainqueur de l'élection présidentielle


Burundi : Évariste Ndayishimiye déclaré vainqueur de l'élection présidentielle

Le candidat du parti au pouvoir, Évariste Ndayishimiye, lors des élections du 20 mai 2020, à Giheta (centre du Burundi).
Le candidat du parti au pouvoir, Évariste Ndayishimiye, lors des élections du 20 mai 2020, à Giheta (centre du Burundi). © AFP

Évariste Ndayishimiye, le candidat du parti au pouvoir au Burundi, a été proclamé, lundi 25 mai, vainqueur de l'élection présidentielle par la Commission électorale nationale indépendante (Céni). Celle-ci avait jusqu'ici publié des résultats partiels qui lui accordaient une très large avance sur ses adversaires. Les chiffres définitifs seront rendus publics le 4 juin.

Le parti au pouvoir, le CNDD-FDD, a été donné large vainqueur des élections présidentielle, législatives et communales, selon les résultats partiels des 119 communes du pays publiés depuis jeudi par les médias burundais.

L'opposition dénonce le pouvoir de "tricherie"

Âgé de 52 ans, le général Ndayishimiye doit ainsi succéder au président Pierre Nkurunziza. Au pouvoir depuis 2005, celui-ci avait décidé de ne pas se représenter pour un quatrième mandat, et l'avait adoubé comme son "héritier".

Le principal candidat de l'opposition, Agathon Rwasa, président du Conseil national pour la liberté (CNL), a déjà qualifié ces résultats de "fantaisistes" et accusé le pouvoir de "tricherie" et de "pure manipulation".

Selon des résultats partiels compilés par l'AFP et portant sur 105 communes, Évariste Ndayishimiye obtient la majorité absolue des voix dans 101 communes. Dans les quatre communes où il est battu, il ne fait jamais moins de 43 % des voix. Il obtient au moins 70 % des voix dans 66 communes et plus de 50 % dans 35 autres.

Maintenues malgré la pandémie de coronavirus, ces élections se sont globalement déroulées dans le calme, mais depuis mercredi, le CNL dénonce les pressions exercées sur ses assesseurs, dont certains ont été arrêtés, ainsi que des fraudes massives.

Aucune mission d'observation de l'ONU autorisée par le gouvernement

Agathon Rwasa n'a ainsi obtenu que 24,6 % des voix à Kabezi, commune de la province du Bujumbura-rural (ouest du pays), pourtant considérée comme l'un de ses fiefs historiques.

Le CNL s'indigne aussi du cas de la commune de Musigati (ouest), où le général Ndayishimiye réunit 99,9 % des voix. Selon un calcul de l'AFP, le taux de participation y serait de plus de 102 %.

De nombreux témoins et des journalistes burundais ont confirmé à l'AFP la validité de ces accusations, alors qu'aucune mission d'observation de l'ONU ou de l'Union africaine n'avait été autorisée par le gouvernement.

Les analystes s'attendaient à un duel disputé entre Évariste Ndayishimiye et Agathon Rwasa, qui avait attiré les foules pendant la campagne, émaillée de violences et d'arrestations arbitraires.

Un diplomate en poste au Burundi a émis de forts doutes sur les résultats. "On s'attendait à ce que ça se passe comme ça, personne ne pouvait imaginer une seule seconde que le CNDD-FDD et ses généraux cèderaient ainsi le pouvoir", a-t-il déclaré, sous couvert de l'anonymat. "S'il n'y a pas de violences, tout le monde se contentera du résultat qui va être annoncé", a-t-il prédit. "On va positiver, en prenant acte du nouveau visage du pouvoir CNDD-FDD (...) afin d'encourager le changement et l'ouverture politique."

Crise politique

Depuis la crise politique de 2015, déclenchée par la candidature de Pierre Nkurunziza à un troisième mandat controversé, le Burundi est sous le coup de sanctions de ses principaux bailleurs de fonds, à l'instar de l'Union européenne, la Belgique, ou encore l'Allemagne. Cette crise politique a fait au moins 1 200 morts et poussé quelque 400 000 Burundais à l'exode.

Le pays est tenu d'une main de fer par le régime, grâce aux "Imbonerakure", la ligue de jeunesse du CNDD-FDD, et au Service national du renseignement (SNR), qui sèment la terreur dans la population.

Agathon Rwasa a déjà laissé entendre qu'il n'en appellerait pas à la rue pour l'instant et se contenterait d'un recours devant la Cour Constitutionnelle. Sans toutefois se faire d'illusions sur son issue, car il considère cet organe comme étant soumis au pouvoir.

S'émanciper de la tutelle de Nkurunziza

Considérant le général Évariste Ndayishimiye comme plus conciliant que son prédécesseur, Pierre Nkurunziza, la communauté internationale semble prête à s'accommoder du nouveau président burundais. Même si, en tant que secrétaire général du CNDD-FDD depuis 2016, il n'a pas empêché les violations des droits de l'Homme.

Reste aussi à voir comment "Neva", son surnom, saura s'émanciper de la tutelle de Pierre Nkurunziza, élevé au rang de "guide suprême du patriotisme" en février par l'Assemblée nationale, et qui restera le président du très influent Conseil des sages du parti.

Évariste Ndayishimiye, qui a promis de faire du rétablissement économique du pays, sa priorité, devrait être investi en août (date de la fin du mandat de Pierre Nkurunziza), pour une durée de sept ans.

Le Burundi est classé parmi les trois pays les plus pauvres au monde selon la Banque mondiale. Selon cette dernière, 75 % de la population vit en-dessous du seuil de pauvreté, contre 65 % à l'arrivée au pouvoir de Pierre Nkurunziza en 2005.

Avec AFP



###
"Hate Cannot Drive Out Hate. Only Love Can Do That", Dr. Martin Luther King.
###
_
__,_._,___

Comments

Popular posts from this blog

Pourquoi les sanctions américaines contre le Rwanda sont-elles si importantes ?

Pourquoi les sanctions américaines contre le Rwanda sont-elles si importantes ? Auteur : The African Rights Campaign. Londres, Royaume-Uni Publié en : mars 2026   Introduction Lorsqu'un gouvernement est accusé d'exécutions extrajudiciaires, de déplacements massifs, de violences sexuelles, de violations des droits de l'homme et du pillage systématique des ressources naturelles d'un pays voisin, la réponse diplomatique attendue est un démenti catégorique, étayé par des preuves. Le Rwanda ne l'a pas fait. Lorsque le département américain du Trésor a imposé des sanctions aux Forces de défense rwandaises (FDR) et à quatre de leurs commandants les plus haut placés, le 2 mars 2026, la porte-parole officielle de Kigali, Yolande Makolo, a délivré une déclaration que les analystes diplomatiques étudieront attentivement pour ce qu'elle omet conspicuement. Elle a dit que les sanctions étaient « injustes », qu'elles ciblaient « uniquement...

Le Rwanda au Mozambique : qui les a placés là, pourquoi ils ne peuvent pas rester et pourquoi la SADC doit les remplacer avant que les dégâts ne deviennent permanents

  Qui a placé le Rwanda là-bas, pourquoi la France refuse de le remplacer, comment le déploiement est devenu un bouclier contre les sanctions, et pourquoi la SADC doit agir avant que les dégâts ne deviennent permanents Mars 2026   Résumé exécutif Les sanctions occidentales contre les Forces de Défense du Rwanda (RDF), imposées par les États-Unis le 2 mars 2026 en vertu du Global Magnitsky Act et relayées par une pression croissante de l'Union européenne, ont mis à nu une contradiction stratégique de premier ordre. La même force militaire sanctionnée pour son soutien opérationnel direct au groupe rebelle M23 en République démocratique du Congo est simultanément le principal garant sécuritaire d'un projet de gaz naturel liquéfié (GNL) de 20 milliards de dollars exploité par le géant français TotalEnergies à Cabo Delgado, dans le nord du Mozambique. Cette analyse répond à trois questions interconnectées dont les réponses définissent ...

Why US Sanctions Against Rwanda Are So Important

Why US Sanctions Against Rwanda Are So Important Author: The African Rights Campaign. London, UK Published: March 2026   Introduction When a government is accused of extrajudicial killings, mass displacement, sexual violence, human rights abuses, and the systematic pillage of another country's mineral resources, the expected response in international diplomacy is an unequivocal denial backed by evidence. Rwanda did not do that. When the United States Department of the Treasury imposed sanctions on the Rwanda Defence Force (RDF) and four of its most senior commanders on 2 March 2026, Kigali's official spokesperson Yolande Makolo made a statement that diplomatic analysts will study carefully for what it conspicuously omitted. She said the sanctions were 'unjust,' that they targeted 'only one party to the peace process,' and that they 'misrepresent the reality and distort the facts.' Rwanda's government, described by Bloomb...

BBC News

Africanews

UNDP - Africa Job Vacancies

How We Made It In Africa – Insight into business in Africa

Migration Policy Institute