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RDC : Pourquoi les Ambitions de Kagame sont condamnés à l'échec

Introduction

Dans les débats sur la guerre qui ravage l'est de la République démocratique du Congo, un angle d'analyse demeure trop souvent négligé par les commentateurs internationaux. On parle abondamment de rivalités géopolitiques, de ressources minières, de logiques d'influence régionale. Mais on oublie fréquemment deux réalités fondamentales qui, ensemble, rendent le projet attribué à Paul Kagame non seulement illégitime, mais structurellement impossible à réaliser. La première est juridique et politique : les principes d'intégrité territoriale et de souveraineté des États constituent, en droit international comme dans la pratique diplomatique africaine, une barrière que nul acteur régional ne peut franchir impunément et durablement. La seconde est sociologique et souvent mal comprise : les Banyamulenge, comme les Tutsi congolais et les Hutu qui vivent en RDC, ne sont pas des victimes d'une politique d'exclusion délibérée orchestrée par l'État congolais. Ils sont, comme des centaines d'autres groupes ethniques dans ce pays-continent, des populations marginalisées par la pauvreté structurelle, le déficit d'accès à l'éducation et l'exclusion sociale héritée de décennies de sous-développement et de mauvaise gouvernance. Confondre ces deux réalités, c'est construire un récit de légitimation qui ne repose sur aucun fondement sérieux.

L'intégrité territoriale : un principe qui n'est pas négociable

Le droit international contemporain, tel qu'il s'est consolidé depuis la Charte des Nations Unies de 1945 et l'Acte constitutif de l'Union africaine, pose des principes clairs. L'intégrité territoriale des États est inviolable. Aucune puissance extérieure ne peut, au nom de la protection d'une minorité ethnique, d'une communauté transfrontalière ou d'un intérêt de sécurité national, s'arroger le droit de fragmenter un État souverain reconnu par la communauté internationale.

Ce principe n'est pas une abstraction juridique réservée aux manuels de droit public. Il constitue le fondement même de l'architecture politique africaine post-coloniale. L'Organisation de l'Unité Africaine, devenue Union africaine en 2002, a fait de l'intangibilité des frontières héritées de la colonisation un dogme fondateur, précisément parce que ses membres savaient que remettre en cause une frontière ouvrirait une boîte de Pandore impossible à refermer sur un continent où les frontières recoupent partout des réalités ethniques, linguistiques et culturelles d'une complexité extrême.

Kagame le sait. Ses conseillers juridiques et diplomatiques le savent. C'est pourquoi le Rwanda ne revendique jamais officiellement la création d'une République du Kivu ou d'une quelconque entité autonome dans l'est congolais. L'action militaire est toujours habillée d'une rhétorique de sécurité, de protection des populations, de lutte contre les groupes armés négatifs. Mais les faits sur le terrain, documentés par les rapports successifs des groupes d'experts des Nations Unies, racontent une autre histoire : celle d'une puissance militaire extérieure qui soutient, arme et dirige une rébellion dont les territoires administrés fonctionnent de plus en plus comme une proto-entité séparée.

Cette contradiction entre les obligations du droit international et la réalité des actions rwandaises sur le terrain constitue précisément le talon d'Achille stratégique de Kigali. Car tant que la RDC conserve sa souveraineté formelle, reconnue par l'ensemble de la communauté internationale, toute tentative de fragmentation restera illégale, illégitime et génératrice d'une opposition permanente, aussi bien de la part des États africains que des puissances occidentales. Aucun État, à ce jour, n'a reconnu le M23 comme interlocuteur politique légal doté d'une légitimité territoriale. Ce vide de reconnaissance internationale condamne le projet à rester en suspension indéfinie, incapable de se transformer en réalité politique durable.

La RDC, un pays de centaines de peuples : une réalité que les analystes minimisent

La deuxième erreur d'analyse, peut-être la plus grave et la plus répandue dans les cercles d'experts internationaux, consiste à réduire la complexité congolaise à un affrontement binaire ou triangulaire entre Tutsi, Hutu et Banyamulenge. Cette simplification trahit une méconnaissance profonde de ce que la RDC est réellement.

La République démocratique du Congo est l'un des États les plus ethniquement complexes de la planète. On y recense plus de 450 groupes ethniques distincts, parlant des centaines de langues et de dialectes, répartis sur un territoire de 2,3 millions de kilomètres carrés. Dans les seules provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, théâtres principaux des conflits actuels, coexistent des dizaines de communautés : Nande, Hunde, Nyanga, Tembo, Shi, Rega, Bembe, Fulero, et bien d'autres encore, en plus des Banyamulenge, des Hutu congolais et des Tutsi. Ces populations ont leurs propres histoires, leurs propres revendications foncières, leurs propres tensions intercommunautaires.

Aucune de ces communautés n'est officiellement persécutée par l'État congolais au sens d'une politique délibérée d'exclusion raciale ou ethnique. Ce qui les marginalise, c'est la pauvreté endémique d'un État qui n'a jamais réussi à construire des services publics dignes de ce nom sur l'ensemble de son territoire. C'est l'absence d'infrastructures sanitaires et scolaires dans des régions enclavées. C'est la corruption systémique qui prive les budgets locaux des ressources nécessaires au développement. C'est l'incapacité historique de Kinshasa à exercer une autorité administrative effective sur l'ensemble d'un territoire gigantesque.

Les Banyamulenge souffrent de ces maux exactement comme les Nande souffrent de l'insécurité dans le territoire de Beni, comme les Hunde souffrent de la pression foncière dans le Masisi, comme les populations de l'Ituri souffrent des violences intercommunautaires. Ce sont des formes de marginalisation structurelle, héritées de la déliquescence de l'État zaïrois sous Mobutu et aggravées par trente ans de guerres successives. Ce n'est pas une politique d'apartheid ethnique pilotée depuis Kinshasa contre une communauté spécifique.

Quand des analystes internationaux reprennent sans examen critique le récit rwandais selon lequel les Banyamulenge sont victimes d'une persécution étatique systématique qui justifierait une intervention armée extérieure, ils commettent une erreur intellectuelle fondamentale. Ils instrumentalisent une réalité de marginalisation économique et sociale partagée par des millions de Congolais pour la transformer en argument de légitimation d'une guerre qui sert en réalité des intérêts géopolitiques et stratégiques bien distincts.

Un phénomène africain plus large : la marginalisation structurelle n'est pas une exception congolaise

L'une des erreurs intellectuelles les plus persistantes dans l'analyse des conflits africains consiste à traiter chaque crise comme un phénomène isolé, produit par des dynamiques locales singulières. La réalité est bien différente. La situation que connaît la RDC, à savoir la coexistence difficile de multiples groupes ethniques répartis de part et d'autre de frontières héritées de la colonisation, dans un contexte de pauvreté structurelle et d'État faible, n'est pas une exception congolaise. C'est une réalité africaine commune à des dizaines de pays, et comprendre cela est essentiel pour éviter les erreurs d'analyse qui alimentent les discours de légitimation de guerres injustes.

Le continent africain a été découpé lors de la Conférence de Berlin de 1884 et 1885 sans aucune considération pour les réalités ethniques, linguistiques, culturelles et économiques des populations qui y vivaient. Des familles ont été séparées. Des peuples ont été divisés entre plusieurs colonies devenues plusieurs États. Des groupes autrefois unifiés se retrouvent aujourd'hui citoyens de pays différents, partageant une langue, une culture et des liens de parenté par-dessus des frontières que les États peinent à administrer efficacement.

Cette situation est celle des Peuls, que l'on retrouve dans une vingtaine de pays d'Afrique de l'Ouest et du Centre, du Sénégal au Cameroun en passant par le Mali, le Burkina Faso, le Niger, le Nigeria et la Guinée. Dans chacun de ces pays, les Peuls sont souvent perçus comme marginaux, en tension avec les populations sédentaires pour l'accès aux terres et aux pâturages. Dans chacun de ces pays, cette marginalisation est d'abord le produit d'un État insuffisamment équipé pour arbitrer les conflits fonciers, assurer des services publics universels et intégrer économiquement des populations nomades ou semi-nomades. Elle n'est pas le produit d'une volonté délibérée d'exclusion ethnique pilotée depuis les capitales.

La même réalité s'observe avec les Touareg, divisés entre le Mali, le Niger, l'Algérie et la Libye. Les crises malienne et nigérienne portent en elles cette même confusion analytique : on présente la marginalisation du nord comme une politique intentionnelle de Bamako ou de Niamey contre une communauté ethnique particulière, alors qu'elle reflète avant tout l'incapacité de ces États à financer des services publics dans des zones désertiques immenses, enclavées et peu densément peuplées. C'est un problème de capacité fiscale, d'infrastructure et de gouvernance décentralisée, pas un programme d'apartheid institutionnel.

Au Kenya, les tensions récurrentes entre communautés pastorales et agricoles dans les régions de la vallée du Rift ou du nord du pays suivent le même schéma. Les Turkana, les Pokot, les Samburu ou les Somali kenyans vivent dans des régions historiquement sous-dotées en services publics. Cette réalité résulte de choix d'investissement public conditionnés par la faiblesse des ressources disponibles et par les priorités économiques de gouvernements aux capacités limitées. Elle n'est pas la conséquence d'une politique ethnique délibérément discriminatoire.

En Éthiopie, la question des Nations, Nationalités et Peuples, formalisée dans la Constitution fédérale de 1995, illustre la complexité extraordinaire de gouverner un État qui compte plus de quatre-vingts groupes ethniques. Les tensions entre Tigréens, Amhara, Oromo et Somali éthiopiens trouvent leur origine dans des inégalités de développement régional et des compétitions pour l'accès aux ressources agricoles et aux positions institutionnelles. Ces tensions sont réelles et douloureuses, mais elles ne peuvent pas toutes être réduites à la volonté malveillante d'un groupe dominant d'écraser les autres.

Au Cameroun, la crise anglophone met en lumière des inégalités de développement et de représentation administrative entre les régions francophones majoritaires et les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Là encore, les racines profondes sont dans les héritages coloniaux et les déficits de gouvernance inclusive, non dans un programme d'extermination culturelle délibéré, même si les maladresses et les violences du gouvernement ont aggravé une situation qui aurait pu être gérée très différemment.

Ce tour d'horizon conduit à une conclusion analytique fondamentale. Lorsqu'un acteur comme Kagame utilise la marginalisation des Banyamulenge pour justifier une intervention militaire en RDC, il exploite un phénomène réel mais universellement partagé sur le continent africain pour en faire un cas d'exception justifiant une réponse militaire exceptionnelle. Si cette logique était généralisée, le continent tout entier devrait être en guerre. Chaque groupe ethnique marginalisé par la pauvreté et l'insuffisance des services publics aurait le droit de faire appel à un État voisin pour le défendre par les armes. C'est une logique d'anarchie totale, incompatible avec toute architecture de paix régionale.

La marginalisation économique et sociale des communautés vulnérables en Afrique est un problème réel, urgent et qui appelle des réponses sérieuses. Mais ces réponses sont d'ordre politique, institutionnel et économique. Elles passent par le renforcement des capacités fiscales des États, par la décentralisation effective du pouvoir et des ressources, par des politiques d'investissement public qui atteignent les populations les plus éloignées des centres de décision. Elles passent par la construction d'une citoyenneté inclusive qui reconnaît la diversité sans la hiérarchiser. Elles ne passent jamais par des guerres menées de l'extérieur au profit d'un groupe ethnique particulier, au détriment de tous les autres.

Accorder à un groupe plus de droits qu'aux autres : une aberration politique

Le troisième pilier de l'analyse mérite d'être posé avec une clarté totale. Lorsque Kagame prend les armes pour défendre exclusivement les Banyamulenge, lorsqu'il soutient une rébellion qui contrôle des territoires au bénéfice d'une seule communauté ethnique, il ne fait pas œuvre de justice. Il commet précisément l'erreur qu'il prétend combattre : l'exclusion et la hiérarchisation ethnique.

Un État qui protège tous ses citoyens de manière égale est un État juste. Une intervention armée qui vise à garantir à un groupe ethnique particulier des droits et des territoires que les autres groupes n'auront pas constitue, dans ses effets concrets, une forme d'injustice ethno-politique. Elle crée une hiérarchie entre les peuples congolais, plaçant les Banyamulenge au-dessus des Nande, des Hunde, des Shi ou des Tembo qui habitent les mêmes terres et qui n'ont jamais eu la chance de bénéficier d'un parrain armé extérieur pour défendre leurs propres revendications.

Cette logique est non seulement moralement intenable, elle est politiquement suicidaire. Elle garantit une opposition permanente et croissante de l'ensemble des autres communautés de l'est congolais, dont beaucoup ont déjà pris les armes en réaction directe à l'expansion territoriale du M23. Elle renforce les sentiments anti-banyamulenge et plus généralement anti-tutsi dans des régions où les relations intercommunautaires étaient déjà fragiles avant même les conflits actuels. Elle produit exactement l'inverse de ce qu'elle prétend vouloir accomplir : au lieu de sécuriser les Banyamulenge, elle les expose à une hostilité accrue de la part de populations qui les associent, parfois injustement, à une occupation militaire étrangère.

L'objectif d'une entité politique réservée à une communauté ethnique dans l'est du Congo est donc, fondamentalement, un objectif inatteignable. Non seulement parce que le droit international l'interdit, non seulement parce que l'Union africaine et la communauté internationale ne le reconnaîtront jamais, mais parce que la réalité démographique et humaine de l'est congolais le rend impossible à mettre en œuvre sans engendrer une violence sans fin. On ne construit pas un État ethniquement homogène dans l'une des régions les plus diversifiées de la planète sans purifications ethniques massives. Et des purifications ethniques massives dans un contexte africain post-génocide constitueraient un scénario que nul acteur international ne pourrait tolérer.

Ce que Kagame refuse de reconnaître : la marginalisation comme condition partagée

Il faut le répéter avec force parce que cela change tout à l'analyse : en RDC comme dans la majorité des pays africains, la marginalisation n'est pas ethnique dans ses causes profondes, elle est structurelle. Elle frappe les Banyamulenge des hauts plateaux du Sud-Kivu comme elle frappe les Pygmées Batwa de l'Équateur, les pêcheurs Mongo du Kasaï, les paysans Luba du Katanga ou les éleveurs Hema de l'Ituri. Ce que l'État congolais n'a pas réussi à construire, c'est une capacité administrative, sanitaire, éducative et sécuritaire universelle sur l'ensemble de son territoire.

Ce que Kagame refuse de reconnaître, ou feint de ne pas voir, c'est que le problème qu'il prétend vouloir résoudre pour les Banyamulenge est exactement le même problème que vivent des centaines de millions d'Africains dans des dizaines de pays différents. Des communautés entières attendent encore, au Tchad, au Niger, en République centrafricaine, au Sud-Soudan, en Guinée et ailleurs, que leurs États respectifs trouvent les ressources, les capacités institutionnelles et la gouvernance appropriée pour les servir dignement. Cette attente est une tragédie partagée. Elle n'est pas une persécution ciblée. Et nulle part ailleurs on ne considère qu'une invasion militaire étrangère constitue la solution appropriée à cette tragédie.

Cette lucidité, que partagent la plupart des gouvernements africains et des institutions régionales, est précisément ce qui rend le projet rwandais en RDC non seulement illégitime, mais profondément contraire à l'intérêt collectif de l'Afrique tout entière.

Conclusion

Les principes d'intégrité territoriale et de souveraineté des États ne sont pas de simples formules juridiques. Ils sont la condition de possibilité d'une coexistence pacifique dans une Afrique où les ethnies débordent partout les frontières étatiques. Le projet que l'on attribue à Kagame, créer par les armes une entité politique réservée à une communauté ethnique au détriment de toutes les autres populations congolaises, est une aberration au regard du droit, de l'éthique politique et de la réalité démographique. Il est surtout un objectif inatteignable, condamné à alimenter une guerre sans fin dans une région qui a déjà trop souffert.

La vérité que trop d'analystes négligent, c'est que les Banyamulenge ne sont pas les seuls marginalisés du Congo, et que leur marginalisation, comme celle de tous les autres peuples congolais et de centaines de communautés à travers l'Afrique tout entière, appelle des réponses politiques, économiques et institutionnelles, jamais militaires et jamais ethniquement exclusives. Un continent qui accepterait la logique de Kagame comme modèle de résolution des inégalités ethniques et sociales se condamnerait à une fragmentation sans fin et à des guerres perpétuelles. C'est précisément pour cette raison que l'Afrique, dans ses institutions et dans ses États les plus responsables, rejette ce modèle avec une constance qui ne se démentira pas.


Foire aux questions

Pourquoi le principe d'intégrité territoriale est-il si important en Afrique ?

L'Union africaine a fait de l'intangibilité des frontières héritées de la colonisation un principe fondateur, sachant que remettre en cause une frontière ouvrirait des revendications ethniques et territoriales en chaîne sur l'ensemble du continent. Ce principe protège tous les États africains, y compris les plus petits et les plus vulnérables, contre les ambitions révisionnistes de leurs voisins.

Les Banyamulenge sont-ils vraiment persécutés par l'État congolais ?

Les Banyamulenge font face à des difficultés réelles d'accès aux services publics, à des tensions foncières et à des violences intercommunautaires. Mais ces difficultés sont largement partagées par des centaines d'autres communautés congolaises et africaines. Elles résultent d'un échec structurel de l'État à assurer ses services sur l'ensemble du territoire, et non d'une politique délibérée de persécution ethnique organisée depuis Kinshasa.

La marginalisation des groupes ethniques minoritaires est-elle un problème spécifique à la RDC ?

Non. C'est un phénomène que l'on observe dans de nombreux pays africains, notamment au Mali avec les Touareg, au Nigeria avec les communautés du delta du Niger, en Éthiopie avec plusieurs de ses groupes ethniques, et dans de nombreux autres contextes. Dans tous ces cas, la marginalisation est principalement le produit d'États aux ressources et aux capacités institutionnelles insuffisantes pour servir l'ensemble de leurs populations, et non d'une politique délibérée d'exclusion ethnique.

Combien de groupes ethniques compte la RDC ?

La RDC compte plus de 450 groupes ethniques reconnus, parlant des centaines de langues et dialectes. C'est l'une des nations les plus ethniquement diverses au monde, ce qui rend tout projet de fragmentation territoriale ethnique non seulement illégitime mais pratiquement irréalisable.

Le M23 bénéficie-t-il d'une reconnaissance internationale ?

Non. Aucun État membre des Nations Unies ne reconnaît le M23 comme un interlocuteur politique légitime doté d'une autorité territoriale. Les processus de négociation régionaux traitent avec le M23 uniquement dans le cadre de discussions de cessez-le-feu, sans reconnaître ses prétentions politiques ou territoriales.

Pourquoi la création d'une République du Kivu serait-elle une aberration politique ?

Créer une entité réservée à une seule communauté ethnique dans une région habitée par des dizaines de peuples différents revient à accorder à ce groupe des droits territoriaux supérieurs à ceux des autres. C'est une forme de discrimination ethnique institutionnalisée, contraire aux principes fondamentaux de l'égalité citoyenne, du droit international et de la réalité démographique de la région.


Références

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Union africaine (2000). Acte constitutif de l'Union africaine. Lomé: Sommet de l'OUA.

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Lemarchand, R. (2009). The Dynamics of Violence in Central Africa. Philadelphia: University of Pennsylvania Press.

International Crisis Group (2024). Kivu: sortir de l'impasse sécuritaire. Rapport Afrique n°325. Bruxelles: ICG.

Reyntjens, F. (2016). Political Governance in Post-Genocide Rwanda. Cambridge: Cambridge University Press.

Bøås, M. et Dunn, K.C. (2017). Politics of Origin in Africa: Autochthony, Citizenship and Conflict. Londres: Zed Books.

Herbst, J. (2000). States and Power in Africa: Comparative Lessons in Authority and Control. Princeton: Princeton University Press.

 

 

Auteur: African Rights Campaign, London, UK

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