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Kagame a trompé les Députés, les Rwandais et la communauté internationale

Kagame a trompé les Députés, les Rwandais et la communauté internationale :

Analyse approfondie des déclarations de Paul Kagame et de la violation répétée des accords de paix

Aujourd'hui le 11/12/2025, Paul Kagame a lui-même déclaré devant les Députés que le Rwanda/M23 avaient lancé les hostilités et entamé la prise d'Uvira avant son départ pour signer les Accords de Washington. Il a ajouté que les combats se poursuivaient pendant la signature et continuent encore à ce jour.
Personne ne le savait : seul Kagame et ses unités militaires en étaient informés, conformément à son mode opératoire de dissimulation militaire régulièrement documenté.

Kagame reconnaît qu'il est allé signer les accords alors qu'il venait d'ordonner l'offensive sur Uvira, et que ceux avec qui il signait n'avaient reçu aucune information, les empêchant ainsi d'exprimer la moindre objection.
Ce schéma de dissimulation correspond aux tactiques relevées dans plusieurs rapports d'experts des Nations unies, notamment lorsqu'il s'agit d'opérations coordonnées par le Rwanda dans l'Est de la RDC (Voir : UN Group of Experts on the DRC, rapports 2012, 2013, 2022, 2023).

Il avoue également avoir été directement impliqué dans la guerre, alors que la communauté internationale pensait au maintien d'un cessez-le-feu issu des Accords de Doha.

Ces aveux confirment un comportement historique et répété : Kagame ne respecte jamais les accords qu'il signe, ce qui nous amène à un schéma observé depuis les Accords d'Arusha (1993).

1. L'offensive sur Uvira était planifiée avant la signature des accords

Kagame admet que la prise d'Uvira était une opération préméditée.
Ce comportement est conforme au modus operandi décrit dans les rapports de l'ONU sur les interventions rwandaises dans l'Est du Congo. Les experts avaient documenté, déjà en 2012, que le Rwanda préparait secrètement les opérations du M23 avant toute annonce officielle (UN Group of Experts, S/2012/843).

Ainsi, lorsqu'il se trouvait à Washington, Kagame savait que :

  • ce qu'il signait n'avait aucune valeur pour lui,

  • les opérations militaires étaient déjà en cours,

  • un mensonge délibéré était en train d'être commis à la face du monde.

Un tel comportement a déjà été observé à de nombreuses reprises, notamment lors des Accords de cessez-le-feu de Lusaka (1999) que Kigali avait également violés.

2. Il a signé les accords en mentant sur l'absence de combats

Les déclarations de Kagame prouvent que :

  • les délégués internationaux n'avaient reçu aucune information sur les offensives en cours,

  • les engagements de cessez-le-feu étaient délibérément bafoués,

  • le Rwanda utilisait encore une fois la diplomatie comme couverture politique pour des opérations militaires.

Des pratiques similaires ont été dénoncées dans :

  • la Résolution 2098 (2013) du Conseil de sécurité, condamnant les soutiens extérieurs au M23,

  • les rapports 2022 et 2023 du Groupe d'experts, confirmant que des officiers rwandais supervisaient directement les opérations du M23,

  • Human Rights Watch et Amnesty International, accusant régulièrement Kigali d'utiliser la désinformation militaire pour faciliter des offensives.

  • Il s'agit d'un acte de tromperie diplomatique majeur.

3. Poursuivre la guerre pendant la signature constitue une violation délibérée

Kagame reconnaît que les combats se poursuivaient pendant la signature. Ce comportement est une violation directe du droit international, en particulier :

  • l'Article 26 de la Convention de Vienne sur le droit des traités (pacta sunt servanda),

  • l'obligation de bonne foi dans les processus de paix,

  • la règle fondamentale interdisant la tromperie volontaire lors de négociations officielles.

Cette stratégie a été observée à plusieurs reprises dans l'histoire du FPR.
Le rapport Mapping Report des Nations unies (2010) décrit en détail l'utilisation par le FPR :

  • de la dissimulation,

  • de la ruse militaire,

  • et du contournement des engagements signés.

4. Kagame ne respecte jamais les accords : le précédent des Accords d'Arusha

Les Accords d'Arusha (1993) sont le premier exemple majeur de non-respect des accords de paix par Kagame.

Références essentielles :

  • Accords d'Arusha pour la Paix au Rwanda (1993) : engagement formel au partage du pouvoir et à l'intégration des forces.

  • Rapport de l'ICTR (Tribunal pénal international pour le Rwanda) : le FPR a continué les hostilités malgré le cessez-le-feu.

  • Rapports de chercheurs comme Filip Reyntjens, Allan Stam et Christian Davenport : le FPR utilisait les négociations comme couverture pour préparer une prise de pouvoir militaire.

  • Expertise technique du juge Bruguière (2006) et du juge Trévidic (2010) : pistes sérieuses sur l'implication du FPR dans l'attentat contre l'avion du président Habyarimana.

L'assassinat du président Habyarimana — événement qui a fait voler en éclats les accords — est décrit dans plusieurs analyses comme l'acte clé par lequel le FPR a détruit Arusha pour imposer la solution militaire.

Ainsi, violer les Accords de Washington n'est pas un accident :
c'est la continuité d'un modèle de gouvernance basé sur la dissimulation, la manipulation diplomatique et la violence politique.

5. Conséquences juridiques et politiques

Même si Kagame nie la violation des accords, ses propres déclarations prouvent :

  • qu'il a violé le principe de bonne foi,

  • qu'il a lancé une offensive pendant un processus de paix,

  • qu'il a trompé les médiateurs internationaux,

  • et qu'il a transformé les Accords de Washington en simple outil stratégique.

Ce comportement correspond à une violation délibérée d'un cessez-le-feu (Vienne, Art. 26), mais aussi à ce que le droit international qualifie de :
tromperie institutionnalisée dans un cadre de négociation de paix.

6. Ce que Kagame prépare maintenant

Après la prise d'Uvira :

  • il demandera un cessez-le-feu,

  • il forcera une reprise des négociations (sous médiation du Qatar),

  • la RDC n'aura pas d'autre choix que d'accepter,

  • Kigali continuera à gérer simultanément les opérations militaires et la diplomatie.

Ce schéma est identique à celui observé dans :

  • le rapport du Groupe d'experts de l'ONU (2012) sur le soutien du Rwanda au M23,

  • les analyses de l'International Crisis Group,

  • les rapports de l'Union européenne sur l'instabilité du Kivu.

Il s'agit d'un cycle sans fin, dans lequel la RDC risque de rester piégée tant que la communauté internationale ne reconnaîtra pas la nature systémique de cette stratégie.

Références principales

  1. Nations unies – Groupe d'experts sur la RDC : rapports 2012, 2013, 2022, 2023.

  2. Nations unies – Mapping Report (2010).

  3. CST – Conseil de sécurité : Résolution 2098 (2013).

  4. Convention de Vienne sur le droit des traités (1969), Article 26.

  5. Accords d'Arusha pour la Paix au Rwanda (1993).

  6. ICTR – Conclusions et rapports sur la période de 1993–1994.

  7. Bruguière, J. – Rapport d'instruction sur l'attentat du 6 avril 1994 (2006).

  8. Trévidic, M. – Conclusions techniques sur l'attentat du Falcon 50 (2010).

  9. Reyntjens, F. – Political Governance in Post-Genocide Rwanda.

  10. Davenport, C. & Stam, A. – Rwanda: What Really Happened (analyse quantitative).

  11. Human Rights Watch – Rapports 1994–2023 sur les opérations du FPR et du M23.

  12. Amnesty International – Rapports sur le Congo oriental et les interventions rwandaises.

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